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2011 - Les stratèges de l’ombre

vendredi 18 novembre 2011, par Charles RIDOUX

Texte

Schémas

2Introduction - Gravité du moment historique actuel2

La dure réalité de la crise - qui s’est déclenchée le 15 septembre 2008 et qui risque bien de s’étendre jusqu’au printemps 2017 - s’impose à toute la planète, sous des formes variées et avec une intensité variable selon les pays et les continents. Désormais, l’Europe est touchée de plein fouet, soumise au déchaînement des manœuvres et privée par ses propres renoncements des armes défensives de la souveraineté ; mais aussi subissant, comme contrecoup du chaos croissant dans les pays arabes d’outre-Méditerranée, le poids d’une immigration qui prend des allures d’invasion continentale.

La tâche de l’astrologie mondiale ne saurait se limiter à piquer dans une actualité brûlante quelques éléments cycliques susceptibles d’éclairer des événements particuliers - si éloquents que puissent être ces rapprochements. La priorité doit être accordée à saisir dans sa dimension la plus vaste et à faire comprendre en profondeur la toile de fond de la période, sur laquelle viennent s’inscrire les événements particuliers. Depuis l’automne 2008, et jusqu’en 2021, c’est l’enchaînement du double massif du carré Uranus-Pluton suivi du semi-carré Uranus-Neptune, qui constitue l’axe fondamental, sur la base d’une synchronisation des trois cycles des trans-saturniennes en phase évolutive jusqu’à l’opposition Uranus-Pluton de 2040. Évolution qu’il convient de situer dans le cadre du triple renouvellement de civilisation induit par les nouveaux cycles Neptune-Pluton (1891), Uranus-Pluton (1965) et Uranus-Neptune (1993).

Dans le cadre de cette toile de fond, l’année 2011 s’est ouverte sur le coup de tonnerre de la conjonction Jupiter-Uranus, qui a soulevé un vent de tempête balayant toute structure inadéquate. Les régimes tyranniques vermoulus, soutenus des décennies durant par les États-Unis et les puissances européennes, sont tombés et, après les illusions lyriques du « printemps arabe » - présenté comme un nouveau « printemps des peuples » sur le modèle des révolutions européennes de 1848 - l’évolution prévisible vers la mise en place de régimes islamiques radicaux, établis sur le socle de la charia, se précise en Tunisie, en Égypte et en Libye, avant d’atteindre peut-être, prochainement, la Syrie et les pays du Maghreb tels que l’Algérie et le Maroc.

Le thème de la conjonction Jupiter-Uranus du 4 janvier 2011, à 27° Poissons, affecte tous les thèmes - nationaux ou personnels - qui présentent des points forts à la fin des signes Mutables et au début des signes Cardinaux. Mais ce thème présente également, autour de la Nouvelle Lune située au milieu du Capricorne, une configuration d’ensemble qui la relie à Saturne et aux deux axes Vénus/Neptune et Mars/Pluton. La touche Vénus/Neptune en relation à la Lune correspond bien aux enthousiasmes collectifs, aux espoirs illusoires et chimériques qui ont marqué les débuts des révoltes populaires du « printemps arabe ». La touche Mars/Pluton indique des projets et des plans, concernant le pouvoir (Soleil) et le peuple (Lune), projets dont la réalisation risque d’être bloquée, entravée ou interrompue (Saturne). On observera que le carré Uranus-Pluton transitera cette zone critique du carré SO-LU à Saturne d’avril 2014 à décembre 2016. Ce pourrait être une nouvelle période de profonds bouleversements pour tous les pays qui ont été concernés par les insurrections de l’hiver et du printemps 2011.

Nous arrivons maintenant au seuil du puissant massif du carré Uranus-Pluton qui va dominer les quatre lourdes années de 2012 à 2015. Si, après le choc ce 2008 - et après la brève phase d’illusoire euphorie due à la conjonction Jupiter-Neptune de 2009 - la période 2010-2010 a vu l’installation du chaos mondial, la période 2012-2015 peut être considérée comme risquant de constituer une véritable plongée dans le chaos mondial, les effets réels de la crise se faisant sentir durant cette période. On peut distinguer, au long de ces quatre ans, des moments forts constitués par des relais dissonants d’une ou de deux planètes lentes au carré Uranus-Pluton. Deux triplices « mineures », avec le trio Jupiter-Uranus-Pluton, au printemps 2012 et durant l’été 2013 ; deux triplices « majeures », avec le trio Jupiter-Uranus-Pluton au printemps 2014 et le trio Jupiter-Saturne-Pluton à l’été 2015 ; enfin, une quadruplice durant l’hiver 2014, avec le quatuor dissonant Jupiter-Saturne-Uranus-Pluton. C’est durant ces phases de grande tension que se manifesteront probablement avec le plus d’intensité les effets sociaux et politiques de la crise globale. Mais durant cette période chaotique peuvent se jouer divers scénarios susceptibles de déboucher, globalement, sur deux issues : soit, en cas de réponses inadéquates des peuples et de leurs dirigeants, une régression mondiale de longue durée sur fond d’affrontement continuel entre blocs continentaux (le monde de « Big Brother ») ; soit, au cas où émergeraient des réponses créatives, l’instauration possible d’une longue période de croissance maîtrisée et d’équilibre des puissances.

L’étude qui suit comporte deux parties. Tout d’abord, un bilan de l’été et de l’automne 2011, si riche en événements ; nous le traiterons en deux volets : la crise économique ; l’évolution des révolutions arabes et la guerre en Libye. Nous examinerons ensuite en détails la rétrogradation de Mars, qui s’étend de novembre 2011 à juin 2012, en portant notre attention d’une part sur les grandes puissances, d’autre part sur les risques de guerre en Syrie et en Iran. Dans un prochain article, nous approfondirons notre analyse du massif du carré Uranus-Pluton de 2012-2015.

Un mot, enfin, à propos du titre de cet article : « Les stratèges de l’ombre ». Le chaos planétaire n’est certainement pas provoqué par des « Supérieurs Inconnus » qui auraient pouvoir de le répandre selon leur bon plaisir à travers les continents. Il n’en demeure pas moins que - le chaos étant installé suite à une multitude de circonstances particulières, et se développant conformément aux évolutions cycliques profondes - il existe divers stratégies à l’œuvre pour en tirer le meilleur profit. Le chaos vient à point pour permettre la mise en œuvre de plans élaborés de longue date et tenus en réserve pour des temps propices. Ces stratégies sont multiples, complexes et rivales : leur trame forme la pâte de l’histoire, comme la trame des cycles planétaires constitue l’algèbre des fluctuations inscrites dans le Temps.

De ces « stratèges de l’ombre », donnons deux exemples, l’un relatif à la crise financière, l’autre concernant l’utilisation du terrorisme islamique au service du Nouvel Ordre Mondial.

On attribue à David Rockefeller, ancien président la Chase Manhattan Bank, fondateur de la Commission Trilatérale, co-fondateur du Groupe de Bilderberg et président honoraire du CFR (Council on Foreign Relations), la citation suivante :

Nous sommes à la veille d’une transformation globale : tout ce dont nous avons besoin est la bonne crise majeure, et les nations vont accepter le nouvel ordre mondial.

Au regard de l’impuissance des grands de ce monde à endiguer et à trouver des issues à la crise qui s’aggrave au fil des réunions du G 20, on peut se demander si le personnel politique de très haut niveau laisse les choses s’aggraver par incompétence, ou s’il s’agit d’une participation active et voulue à la fabrication et à l’éclosion de cette crise dans le but de parvenir à l’idéal de David Rockefeller.

L’intervention de l’OTAN en Libye s’est achevée sur l’assassinat de Mouammar Kadhafi à Syrte et sur l’exposition abjecte du cadavre du vaincu à Misrata. L’OTAN a agi bien au-delà de la licence que lui avait donnée l’ONU : les nombreuses tentatives d’éliminer Kadhafi et les membres de sa famille n’entraient pas dans les recommandations de la résolution 1973 - qui se limitait à un contrôle de l’espace aérien libyen pour éviter des massacres de populations. La liquidation de Mouammar Kadhafi sans autre forme de procès, ainsi que la traque de son fils Seif El-Islam à travers le désert répondent sans doute au désir d’étouffer les révélations qui pourraient être faites. Révélations dérangeantes pour les détenteurs du pouvoir actuel, qui furent directement responsables de l’enfer subi par les « infirmières bulgares ». Mais également dévoilement du programme de réorganisation du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord, passant par la destruction de la Libye et de la Syrie, selon un programme mis au point par le Pentagone dès 2001, dans la foulée du 11 Septembre. C’est ce dont témoigne l’ancien Commandant en chef des forces alliées de l’OTAN de 1997 à 2000, le général Wesley Clark, qui fait état (au cours d’une émission télévisée) d’un échange de propos qu’il eut en novembre 2001 avec un officier supérieur :

En novembre 2001, alors que je passais au Pentagone, posant la question de l’Irak à un officier supérieur, celui-ci me répondit : « Oui, nous sommes toujours en route vers l’Irak. » Et d’ajouter : « Mais il y a plus : [l’Irak] a été en effet discuté, mais dans le cadre d’un plan plus général de campagne contre sept pays : Irak, puis Syrie, Liban, Libye, Iran, Somalie et Soudan » [1].

En 2007, le général Wesley Clark s’opposa à une éventuelle guerre contre l’Iran, dénonçant le jeu belligène des « lobbies de l’argent new-yorkais ».

2Bilan de l’été et de l’automne 20112

3La crise économique3

Le vent de tempête, qui a secoué au printemps 2011 le monde arabe, s’abat, semble-t-il, à l’automne, sur l’Europe, fragilisée par une crise grecque qui, toutes proportions gardées, ne représente pas grand chose au regard des dettes abyssales des deux grands foyers de la finance internationale que sont Wall Street et la City de Londres.

Que la Grèce tombe sous la une de l’actualité n’étonne guère quand on examine les deux thèmes constitutifs de la nation : celui de l’indépendance, en 1822, au moment de la conjonction Uranus-Neptune (début Capricorne) au carré de Pluton (début Bélier), transitée en ce moment par la carré Uranus-Pluton. En outre, ce thème présente une opposition Lune-Pluton, directement affectée par la conjonction Jupiter-Uranus du 4 janvier 2011 : on peut y lire l’indication de « changements heureux qui ne durent pas » (LU/PL=JU) et de changements soudains dans la relation aux autres (LU/PL=UR). Dans le thème de 1974, celui de la restauration de la démocratie après l’épisode de la dictature des colonels, une conjonction Lune-Pluton se situe au début de la Balance, au carré de Vénus au début du Cancer ; on y lit le problème de la dette (Vénus-Pluton) qui affecte cruellement le peuple (Lune).

En décembre 2008, la Grèce était secouée par des émeutes consécutives à la mort d’un adolescent de 15 ans, tué par un policier à Athènes. Dans un article daté du 6 janvier 2009, nous écrivions :

(…) le mouvement de contestation actuel est le plus violent depuis 1974, lors de la chute du régime des colonels. Ce qui est en cause, c’est tout à la fois la corruption des élites, la baisse du pouvoir d’achat et le manque de perspective des jeunes Grecs à la fin de leurs études. (…)

Le 16 septembre 2009, alors que Mars transite sur l’Ascendant, le Soleil vient activer l’opposition Saturne-Uranus qui tombe en plein sur le Milieu du Ciel : ce pourrait être le signal d’un changement de gouvernement en Grèce [2].

Le 4 octobre 2009, Georges Papandréou était investi par le Parlement comme Premier ministre. A ce moment, l’opposition en cours Saturne-Uranus tombait sur l’axe du méridien du thème de 1974 ; Jupiter et Pluton affectaient par leurs dissonances le carré entre Lune-Pluton et Vénus.

La crise grecque qui fait rage à l’automne 2011 est un argument pour forcer les Européens à franchir le pas du fédéralisme et pour imposer une politique budgétaire unifiée et homogène. La pression des créanciers sur les États européens constitue un moyen de hâter le processus d’intégration du sous-continent européen, et non l’expression de la seule dictature des marchés, qui sont eux-mêmes l’instrument des stratèges de l’ombre.

Le tableau des éphémérides graphiques indique clairement l’évolution de la crise grecque : en 2009, c’est le Milieu du Ciel qui est affecté par l’opposition Saturne-Uranus, entraînant un changement de gouvernement et l’arrivée de la gauche au pouvoir, avec Georges Papandréou. De 2010 à 2012, le carré entre Lune-Pluton et Vénus est touché successivement par le carré Saturne-Pluton puis par le carré Uranus-Pluton, mettant le problème de la dette au premier plan. Durant la période 2010-2011, le transit de Saturne sur la triple conjonction Mercure-Vénus-Ascendant a « plombé » le moral de la nation et plongé dans la désespérance un peuple traité avec mépris et arrogance par les puissants de l’heure.

Nous pouvons aujourd’hui encore reprendre ce que nous avancions, dans un article daté du 19 juillet 2010, à propos des liens entre la crise grecque et les difficultés de l’Europe :

La crise grecque a eu pour conséquence que les marchés financiers ont mis la pression sur l’euro au point que la pérennité de la monnaie unique commence à faire problème. L’euro, qui cotait plus de 1,45 dollar en début d’année a chuté jusqu’à 1,23 dollar. La spéculation outrancière qui se déchaîne sur les marchés risque de plonger l’Europe dans le chaos et la misère. En fait, la crise grecque apparaît comme un révélateur qui met en évidence les tares fondamentales de la construction européenne imposée par des élites technocratiques en rupture avec les besoins et avec les aspirations des peuples de l’Europe. La monnaie unique se trouve en porte-à-faux avec la disparité des économies européennes. Le projet initial d’une monnaie commune (l’écu) aurait sans doute mieux permis de concrétiser les intérêts communs et vitaux qui lient les différents États européens, tout en autorisant un ajustement entre les économies des différents États membres. Mais il aurait fallu pour cela reconnaître que, à l’instar de la Grèce antique, l’Europe n’est pas une nation, mais une civilisation constituée de nations.

Dans le thème de l’euro, la question de la dette peut se lire dans le semi-carré VE-PL en relais dissonant à MA. En 2014, cette zone sera affectée par un carré SO-MA progressé tombant sur VE. Les transits pour le 1er janvier 2014 montrent une conjonction SO-PL sur le SO natal, MA-JU-SA et UR apportant leurs dissonances sur ce point. Voilà qui pourrait présager d’une sérieuse tempête sur la monnaie européenne.

Depuis le printemps 2010, la situation tend à devenir ingérable : d’une part, de nouvelles mesures de soutien à l’économie s’imposent si l’on veut relancer la croissance, d’autre part l’ampleur des déficits budgétaires interdit toute nouvelle dépense significative. L’affaire grecque est tombée à point pour masquer d’autres zones de défaillance infiniment plus graves qui menacent non l’euro mais le dollar et l’économie américaine. Alors que la Grèce ne pèse que 2,5% du PIB de la zone euro, l’état de Californie, en cessation de paiement, représente 12% du PNB des États-Unis. En outre, 48 sur les 50 états de l’Union sont en déficit budgétaire croissant. Ce que la crise grecque a permis de mettre en évidence, c’est le fait que les obligations d’États forment désormais une bulle sur le point d’exploser (près de 50 milliards de dollars au niveau mondial, avec une hausse de 45% en deux ans). Ainsi, les remèdes de choc mis en place pour enrayer la crise financière et bancaire laissent désormais les États en première ligne et fragilisés en cas d’éclatement d’une bulle de la dette : derrière les banques, il y avait les États ; derrière les États , il n’y a rien [3].

Mais la crise de l’euro s’inscrit, plus largement, dans une compétition impitoyable entre l’Europe et les États-Unis :

Nous observons ainsi, en 2010, une étroite corrélation entre les cycles SA-UR (États-Unis) et JU-SA (Europe), qui passent tous deux par la phase critique de l’opposition, signalant des difficultés propres à chacune de ces puissances, mais également les violents conflits d’intérêts qui les entraînent dans une confrontation économique sans merci que traduisent, sur le plan financier, les fluctuations de l’euro et du dollar [4].

Lors de l’éclatement de la crise financière, en 2008, Pluton transitait au carré de l’Ascendant du thème de l’euro. Le Soleil, à 10° Capricorne, se situe dans l’axe Uranus/Pluton, suggérant la soumission à des mutations soudaines, par saccades. Le carré Uranus-Pluton transitera cette zone de janvier 2013 à février 2014, période qui risque d’être décisive pour le sort de l’euro. Les flots d’argent versés aux banques par la BCE depuis 2008 n’auront servi qu’à les relancer dans leurs pratiques préjudiciables et dans la spéculation sur la dette souveraine des États membres de l’Euroland. La question grecque n’est pas encore réglée que déjà le Moloch financier réclame la peau de l’Italie, dont la dette est six fois supérieure à celle de la Grèce. Pour sortir de la crise, on se demande maintenant s’il ne va pas falloir assumer la faillite de plusieurs États - Grèce, Irlande, Portugal, Espagne, Italie, France ? - ou si l’Allemagne ne va pas créer la surprise en se retirant elle-même de l’euro : le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, brandit cette menace au cas où des émissions monétaires massives, jugées suicidaires, étaient décidées en dernier recours par la BCE. Le plus piquant de l’affaire, c’est que les États eux-mêmes se sont mis à la merci des marchés financiers. Ainsi, en France, la loi du 3 janvier 1973 sous le règne de Georges Pompidou, portait sur la réforme des statuts de la Banque de France, qui se voit interdire désormais d’accorder des crédits (non grevés d’intérêts) à l’État : ce dernier est ainsi condamné à emprunter sur les marchés aux taux que ceux-ci jugent adéquats. Une mesure semblable est étendue à l’Union européenne en 1992, par l’article 104 du Traité de Maastricht (repris par l’article 123 du Traité de Lisbonne, en 2007) : il est interdit aux États d’emprunter auprès de leur Banque centrale.

La crise grecque, hyper-médiatisée, fonctionne comme une sorte d’écran de fumée qui masque la situation catastrophique des États-Unis et du Royaume-Uni : les États-Unis sont entrés désormais en récession, leur note financière a été dégradée et leur système politique est paralysé ; quant au Royaume-Uni, il s’enfonce dans la dépression, la politique d’austérité échoue à maîtriser les déficits budgétaires, et plusieurs villes ont connu des émeutes d’une rare violence. Mais il se pourrait bien aussi que, finalement, la fragilisation de la Grèce et de l’Europe entraîne un choc en retour catastrophique pour Wall Street et pour la City, provoquant une tempête politico-financière aux États-Unis. Comme toujours en pareil cas, une grande puissance menacée de déclin et aux abois sera tentée de trouver un dérivatif dans des aventures militaires. Mais le remède serait, une fois de plus, bien pire que le mal, puisque la dette pharamineuse des États-Unis est due en grande partie au coût exorbitant de ses engagements en Irak et en Afghanistan.

Les tentatives de trouver des solutions communes au travers des réunions du G 20 échouent les unes après les autres. La dernière réunion du G 20, à Cannes, a abouti, le 27 octobre, au lancement d’un plan anticrise qui suscite de virulentes critiques. En particulier, l’économiste Jacques Sapir, directeur d’études à l’EHESS et partisan de la « démondialisation », très engagé à la gauche de la gauche, condamne ce plan et prône avec fermeté la sortie de l’euro. A ses yeux, c’est le pire accord possible, car il plonge davantage dans la récession et prive l’Europe de son indépendance. S’interdisant par avance toute mesure protectionniste, l’Europe sera incapable d’endiguer le flot de la désindustrialisation et risque de tomber sous la tutelle de la Chine.

Les menaces qui pèsent sur l’euro ne doivent pas masquer les risques encourus par le dollar. C’est le 6 juillet 1785 que le Congrès de la Confédération, qui fut le gouvernement des États-Unis d’Amérique du 1er mars 1781 au 4 mars 1789, adopta le dollar comme monnaie officielle. Dans le thème du dollar, Pluton est conjoint à l’axe des Nœuds ; le cœur du thème est constitué par un carré en T autour de l’opposition Jupiter-Neptune au double carré d’une triple conjonction Soleil-Lune-Uranus au milieu des signes Cardinaux. Cette triple conjonction voisine le Soleil des États-Unis : le dollar symbolise bien la puissance et l’idéal américains. Le carré Uranus-Pluton transitera sur cette zone critique de juin 2013 à décembre 2016 ; le Soleil se trouvera alors dans l’axe Uranus/Pluton, signature d’un « effondrement ou d’une catastrophe ». Ainsi, de l’été 2013 à la fin de 2014, il y a un risque sérieux qui pèsera à la fois sur l’euro et sur le dollar.

3Les révolutions arabes et la guerre de Libye3

Les mouvements de contestation dans les pays arabes, présentés par les médias comme des soulèvements spontanés, témoignant de l’aspiration des populations à la démocratie et du désir d’entrer de plein pied dans la modernité, présentent une singulière analogie avec des événements qui se sont produits, durant la décennie précédente, en Europe et en Asie. Ce que l’on a appelé les « révolutions de couleur » furent des coups d’État démocratiques sponsorisés de l’extérieur, obéissant à des objectifs géopolitiques dont le but final est de permettre aux États-Unis d’asseoir leur maîtrise et leur contrôle sur le continent eurasiatique.

Les « révolutions arabes » s’inscrivent dans un vaste projet américain de total remodelage des frontières au Moyen-Orient qui remonte à 2001. L’utilisation d’Internet et des réseaux sociaux a constitué un des fondements des mouvements contestataires. Le site « Dissonance », animé par Alexandre Latsa, un Français installé à Moscou, dévoile un fait très significatif : un symbole - le poing levé - est apparu au début des révolutions de couleur en Serbie, comme emblème du mouvement de résistance Otpor, créé et dirigé à distance, depuis les États-Unis, par diverses ONG (Freedom House, Albert Einstein Institute) [5]. Ce symbole du poing levé a été repris parles mouvements de jeunesse Kmara en Géorgie ou Oborona en Russie ; il se retrouve aussi en Égypte, épicentre du monde arabe, où le « Mouvement du 6 avril » (2008) a abouti à la préparation aux États-Unis d’un site qui jouera un rôle fondamental dans les événements de 2011. La révolution égyptienne a bien été organisée, et non spontanée.

L’automne 2011 laisse déjà bien apparaître la tendance fondamentale à laquelle aboutissent ces mouvements : une islamisation de toute la zone sud de la Méditerranée, renforçant l’influence américaine au détriment de la cohésion de l’Europe occidentale, la diplomatie de Nicolas Sarkozy semblant privilégier l’alliance politico-militaire avec le Royaume-Uni dans le cadre de l’OTAN - et donc d’une vassalité à l’égard de la puissance américaine - au détriment de l’axe Paris-Berlin, dont le prolongement naturel pourrait être un axe Paris-Berlin-Moscou. Il serait intéressant de connaître les réactions au projet exposé par Vladimir Poutine, le 3 octobre 2011, A new integration project for Eurasia, qui déploie la vision d’une intégration eurasiatique dans laquelle la Russie pourrait jouer un rôle pivot.

En Tunisie, le parti islamiste Ennhada rafle 41% des suffrages et 90 sièges sur les 217 que comporte l’Assemblée constituante, et il exige de former le nouveau gouvernement. Le leader de ce parti, Rachid Ghannouchi, a flétri la « pollution linguistique » qu’exercerait le français sur les Arabes. Le processus tunisien rappelle celui qui s’est développé en Iran en 1978-1979 : le soulèvement contre le Chah des intellectuels persans et des riches commerçants du bazar de Téhéran a abouti à la mise en place de la république islamique par l’ayatollah Khomeyni. Face au profond marasme dans le tourisme et l’industrie textile, deux activités vitales pour le pays, on assiste depuis des mois à un déferlement sur l’Europe de milliers de Tunisiens dégrisés par l’évolution dans leur pays.

Quant à l’Égypte, l’objectif des extrémistes islamistes est de purifier le pays de toute présence chrétienne. Les Coptes, qui représentent 20% des 83 millions d’habitants sont victimes de violences systématiques : églises incendiées, messes empêchées, jeunes filles enlevées sans que les forces de l’ordre n’interviennent ; en outre, l’armée participe aux violences antichrétiennes. Face à cela, la presse européenne s’efforce de minimiser les événements.

Pour l’étude de la Libye, on peut prendre en considération les deux thèmes de l’Indépendance (24 décembre 1951) et de la République (3 septembre 1969). Dans le thème de l’Indépendance, on observe un Yod dissonant Vénus-Jupiter-Pluton, ainsi qu’une triple conjonction Mars-Saturne-Neptune au milieu de la Balance, en opposition à Jupiter, à 5° Bélier. En 2011, Saturne revient donc transiter sur cette triple conjonction de 1951. Quant au thème de la république - qui correspond à l’arrivée au pouvoir de Mouammar Kadhafi, salué à l’époque comme un libérateur par les puissances occidentales - il se caractérise par un sesqui-carré Saturne-Pluton au relais dissonant d’un sesqui-carré Vénus-Mars. La conjonction Jupiter-Uranus du 4 janvier 2011 se situe exactement sur l’axe Uranus-Pluton de ce thème, avec les conséquences explosives que l’on connaît.

La guerre en Libye a connu une accélération foudroyante à partir du 20 août, jour où fut lancée contre Tripoli l’ « Opération Sirène ». Alors que la situation militaire tournait à un quasi enlisement, une offensive fulgurante aboutit, en quatre jours, à la prise de contrôle de la capitale par les rebelles du CNT. Six cents hommes environ, dirigés par Abdel Hakim Belhadj, ont livré la bataille de Tripoli. Ils étaient appuyés par la puissante artillerie de marine des bâtiments alliés et par leurs chasseurs-bombardiers frappant sans relâche, mais aussi sans doute avec l’appui au sol de forces de l’OTAN. Une opération soigneusement préparée, avec des moyens tactiques et une coordination opérationnelle dépassant largement les compétences dont la rébellion avait fait preuve jusque-là. Cet assaut rappelle la prise de la résidence de Laurent Gbagbo à Abidjan, sous le feu des hélicoptères de combat onusiens et avec la participation au sol de forces spéciales tricolores. La triplice Mars-Saturne-Neptune est au cœur de ce thème sous la forme d’un Yod dissonant reliée, d’une part, à une conjonction Soleil-Vénus, d’autre part au carré en T Mars-Uranus-Pluton : nous avions souligné, dans des contributions antérieures, que la période avoisinant le 25 août se présentait comme la plus intense de l’année 2011, puisqu’elle combinait les deux configurations lourdes du carré Uranus-Pluton et du sesqui-carré Saturne-Neptune [6].

En sept mois, il y eut plus de 21 000 raids aériens de l’OTAN, dont plus de 10 000 attaques avec bombes et missiles, non couverts par la résolution 1973 de l’ONU. On mesure les effets sur la population civile et certains estiment que la guerre aérienne a causé la mort d’environ 50 000 personnes. Des bombardements d’une population civile qui constituent aussi une violation de la Convention de Genève de 1949 et de son protocole additionnel de 1977.

Le 20 octobre, Mouammar Kadhafi trouve la mort à Syrte. Les circonstances exactes de sa liquidation font l’objet de récits confus et contradictoires [7]. Neptune est à l’Ascendant et Mars fait un Yod dissonant avec le carré Uranus-Pluton : on retrouve la double signature des cycles Saturne-Neptune et Uranus-Pluton. Si la mort d’un tyran cruel et fantasque n’excite guère à la compassion, le caractère ignominieux du lynchage et de l’exhibition, plusieurs jours durant, du cadavre amené à Misrata suscitent un sentiment de répulsion. Sur ce point encore, l’OTAN semble bien avoir agi hors de la licence que lui avait donnée l’ONU, tentant à maintes reprises d’éliminer Kadhafi et les membres de sa famille, ce qui outrepassait largement les recommandations de la résolution 1973.

Le conflit libyen, comme toutes les guerres, a fait l’objet d’une ample désinformation médiatique. Les « autorités morales » ont été bien silencieuses en ce qui concerne le calvaire des 70 000 civils habitants de Syrte. Silence également sur les dizaines de coopérants européens - Serbes, Croates, Ukrainiens, Bosniens - abattus sans autre forme de procès par les djihadistes de Misrata. Rien non plus sur le sort des dix mille habitants de Tawarghas, ville voisine de Misrata, chassés de chez eux puis massacrés dans les camps ou hôpitaux où ils s’étaient réfugiés. Quant au charnier dont on nous annonçait la découverte, le 25 septembre - soi-disant les restes du massacre de plus de 1 700 détenus exécutés en 1996 dans l’enceinte du cimetière de la prison d’Abou Salim - on a découvert peu après qu’il s’agissait en fait d’un cimetière de dromadaires…

Le résultat de cette guerre, c’est d’abord la destruction d’un État qui avait des velléités d’indépendance et de modernisation. L’intervention de l’OTAN en Libye a des précédents en Irak (1990) et Serbie (1999) : alors que l’Irak était à la pointe du développement et de la modernisation du monde arabe, deux guerres et un embargo cruel l’ont ramené à ses joutes tribales ; quant à la Serbie, qui s’opposait au plan d’élargissement de l’OTAN, elle fut brisée par les bombes alliées. La Libye possédait le plus haut taux d’alphabétisation en Afrique du Nord et connaissait un des plus faibles taux d’endettement de l’État (3% du PIB contre 85% en France). Kadhafi avait eu la mauvaise idée de prétendre mettre en place un financement indépendant pour l’Afrique, créant, grâce aux revenus pétroliers, une Banque centrale africaine. Aujourd’hui, le pays est envahi et complètement dévasté, ses infrastructures rasées par huit mois de bombardements, et la population se voit imposer par la force un gouvernement fanatisé et en proie à toutes sortes de rivalités tribales lourdes d’un avenir chaotique.

Un autre résultat, qui déborde le cadre des frontières de la Libye, c’est la constitution d’une nouvelle Somalie en plein cœur du Sahara et aux portes de l’Europe. La guerre contre la Libye constitue un facteur aggravant au processus de dislocation régionale et va entraîner de sérieuses perturbations chez le grand voisin algérien et parmi les populations de l’ensemble du Sahara. Venu de Libye, le chef du Mouvement des Nigériens pour la Justice, Agaly Alambo, est revenu au Niger où il réactive une rébellion touareg engagée en 2007 contre le pouvoir central. Une partie considérable des stocks d’armes de Kadhafi se trouve désormais aux mains des rebelles du Darfour, des membres d’Al Qaida au Maghreb Islamique (AQMI) et d’autres guérillas ; des milliers de missiles sol-air sont dispersés dans le Sahara, présageant un chaos qui pourra servir de prétexte aux Américains pour intensifier leur contrôle sur la région.

Quant au sort de la Libye, il apparaît que l’élimination de Kadhafi, comme celle de Saddam Hussein en Irak, fait le jeu des islamistes les plus radicaux. Le général israélien Eyal Eisenberg, responsable de la défense passive, déclarait le 5 septembre : « Après le printemps arabe, un hiver islamiste ». La nouvelle orientation se précise quand on examine le profil des nouveaux dirigeants du pays. Abdel Hakim Belhadj, né en 1966 en Libye, nouveau responsable de la sécurité à Tripoli, est le fondateur du Groupe Combattant Islamique en Libye (GIC). Il a participé au djihad en Afghanistan, puis en Tchétchénie et en Irak. Arrêté par la CIA en 2004 en Malaisie, il est remis aux services libyens. Ce sont aujourd’hui les anciens du GIC qui occupent les postes militaires de premier plan, aussi bien à Tripoli qu’à Benghazi, ce qui laisse présager un sombre avenir pour les chrétiens libyens. Le président du CNT, Moustapha Abdel Jalil, est l’ancien ministre de la Justice de Kadhafi, et il fut directement responsable, depuis son fief de Benghazi, de l’affaire des infirmières bulgares, dont il avait confirmé la peine de mort. Passé dans l’opposition à Kadhafi en février 2011, il annonce le 24 octobre que la charia allait devenir la base juridique du pays, ce qui implique, entre autres, la réintroduction de la polygamie et l’interdiction du divorce voulu par les femmes. Jalil est issu de la tribu des Harabi d’où est sorti le mouvement Islamic Fighting Group (LIFG), étroitement lié à la mouvance islamique radicale et qui entretient des liens étroits avec AQMI. On comprend que l’Iran se soit empressé de saluer la libération totale de la Libye ! Par ailleurs, la Libye est éclatée entre plusieurs zones contrôlées par des chefs de guerre jaloux de leur autonomie et prêts à s’entre-déchirer : Benghazi est sous le contrôle de plusieurs milices islamistes ; à Tripoli ont lieu des batailles rangées et des atrocités entre diverses factions rebelles ; les miliciens de Misrata, armés jusqu’aux dents, sont jaloux de leur autonomie face au CNT de Tripoli et méfiants à l’égard de Benghazi ; enfin, le pays berbère de Zentan échappe, lui aussi, au contrôle du CNT. Quant au Premier ministre de transition, Abdurrahim el-Keib, désigné par le CNT le 31 octobre, c’est un sbire de l’industrie pétrolière, qui a travaillé des décennies durant pour des industries, des gouvernements et des institutions occidentales et qui a vécu aux États-Unis ; comme Jalil ou l’Égyptien Mohamed El-Baradei, il apparaît comme un agent des intérêts occidentaux déguisé en leader local dans un pays étranger.

Les conséquences prévisibles de l’intervention de l’OTAN en Libye sont un risque renforcé d’islamisation du Maghreb et du Machrek, entraînant un affaiblissement de l’Europe sous le poids d’un déferlement migratoire, passant non seulement par l’île de Lampedusa mais également par Malte, complètement débordée par ce problème et laissée à l’abandon par l’Union européenne. La Chine et la Russie, instruites par l’exemple libyen, ont une méfiance accrue envers l’OTAN et ne sont pas disposées à autoriser une nouvelle intervention contre la Syrie. Par ailleurs, la Turquie a opéré cet automne un tournant stratégique majeure avec la rupture, le 3 septembre, des relations diplomatiques entre Ankara et Tel Aviv. La Turquie a expulsé l’ambassadeur d’Israël en représailles au refus de l’État hébreu de présenter formellement des excuses pour les neuf militants turcs tués lors de l’abordage dans les eaux internationales d’un navire humanitaire, la nuit du 31 mai 2010.

Enfin, un pas de plus a été franchi dans la destruction de la légalité internationale, du fait d’une transgression de plus en plus ouverte et violente des règles élémentaires du droit international par un Occident sous influence américaine. Le Nouvel Ordre Mondial, prôné par George Bush Senior lors de la guerre du Golfe en 1990, progresse vers un totalitarisme universel, visant à l’extinction définitive des souverainetés nationales. Le Conseil de Sécurité de l’ONU est devenu un véritable gendarme planétaire, dont la fonction est de légaliser les guerres d’agression du condominium anglo-américain de Wall-Street et de la City, sous prétexte d’un « devoir d’ingérence » à géométrie variable.

2La rétrogradation de Mars (novembre 2011 - juin 2012)2

Jusqu’à la fin 2011 et durant le premier semestre 2012, la zone la plus sensible nous paraît être celle des signes Mutables (entre 4° et 20°), du fait de la rétrogradation de Mars, dont nous allons étudier les implications dans divers thèmes de puissances et de chefs d’État. En janvier 2012, Mars sera d’abord stationnaire durant près d’un mois à 20° Vierge, puis il sera stationnaire en avril pour une même durée à 4° Vierge. A trois reprises - en novembre 2011, mars et juin 2012 - Mars se trouvera dans l’axe Jupiter/Pluton, une configuration qui tend à favoriser la planification et l’exécution des projets. Enfin, vers la fin mars, Mars se trouvera en opposition à Chiron au carré de l’axe des Nœuds - ce qui pourrait correspondre à la mise en place d’une action conjointe visant à remédier à une situation douloureuse. Dans quel domaine se manifesteront de tels projets et de telles alliances ? Nous ne pouvons que présumer que cela pourrait concerner aussi bien la crise financière que la question du nucléaire iranien ; mais l’Histoire nous habitue à déjouer des prévisions trop dépendantes d’une imagination inspirée par l’actualité immédiate et nous devons toujours tenir compte des surprises que nous réserve le réel. C’est là sans doute une des limites importantes de la prévision en astrologie que de demeurer dans le flou quant au domaine d’application des effets possibles des configurations que l’on repère.

Au cours du printemps 2012, nous pouvons mettre en valeur trois moments autour desquels les tensions seront vraisemblablement les plus fortes. Le 14 mars, avec un axe Mars=Jupiter/Pluton=Vénus/Pluton : la note vénusienne ajoute une idée d’harmonie et d’entente à la notion de planification et réalisation heureuse de projets. Le 8 avril, Mars se trouve en dissonance du Soleil et de Vénus conjointe au Nœud Sud. Le 12 juin, le tableau est plus complexe : SO/MA se trouvent impliqués dans l’axe Jupiter/Pluton, renforçant la possibilité d’un heureux déroulement de ce qui a été planifié, tandis que Mercure s’inscrit dans l’axe Uranus/Pluton, laissant entrevoir un changement soudain de l’opinion.

L’analyse des effets de ces configurations sur divers thèmes nationaux permettra peut-être de préciser la portée de ce transit martien en signes Mutables.

3Les grandes puissances3

Notons dès l’abord un indice inquiétant : dans le thème des États-Unis comme dans celui de Barack Obama, la rétrogradation de Mars vient activer une dissonance Mars-Neptune qui, dans le passé, a souvent correspondu à des interventions militaires de la puissance américaine.

En outre, dans le thème des États-Unis, Mars rétrograde affecte également Uranus en dissonance avec l’opposition Mercure-Pluton. L’implication de Mercure et de Pluton dans l’axe Mars/Uranus suggère la possibilité de nouvelles alarmantes, suscitant de vives discussions, ainsi que l’exécution précipitée d’un plan d’attaque de façon impromptue. Ce transit martien se produit le 30 novembre 2011, puis le 16 mars et le 15 mai 2012. La touche saturnienne (apportée par le semi-carré Mars-Saturne) pourrait indiquer l’interruption soudaine d’une activité ou une séparation violente. Faut-il voir autour de ces trois dates un risque sérieux d’intervention israélo-américaine contre l’Iran ? La question se pose. D’autant plus que, contrairement aux promesses de Barack Obama, il n’y aura pas de retrait total des troupes américaines d’Irak, mais que 15 000 troupes d’élite sont chargées de protéger Bagdad, les champs pétrolifères et les bases aériennes ; notamment Halabja et Talil, qui font directement face à l’Iran. Signalons que l’ancien chef de la CIA, Léon Panetta, est depuis le 1er juillet 2011 le nouveau ministre de la défense. Membre du CFR, il fut, de 1994 à 1997, l’éminence grise de Bill Clinton comme directeur de la Maison Blanche.

Dans le thème de la Chine, Saturne (à 13° Vierge) se trouve dans l’axe Soleil/Pluton et Mars/Neptune. Mars/Saturne indique l’interruption d’une activité ; dans l’axe Soleil/Pluton, Mars signifie une grande capacité de régénération, tandis que Mars/Neptune semble évoquer une destruction, ou une contamination : faudrait-il voir dans ce tableau la menace d’un accident nucléaire, du même type que celui de Fukushima le 11 mars 2011 ? A 13° Vierge, Saturne se situe au carré de « l’axe du nucléaire » (8° Gémeaux-Sagittaire), mais l’orbe semble tout de même assez lâche.

Le thème du président chinois Hu Jintao, considéré comme le personnage le plus puissant du monde après Barack Obama, présente une triple conjonction Lune-Saturne-Uranus en opposition à Mars dans l’axe Gémeaux-Sagittaire, avec lequel Mars formera un carré durant le mois d’avril 2012. En l’absence d’heure de naissance, nous ne tiendrons pas compte de la Lune. Mars dans l’axe Saturne/Uranus peut indiquer une séparation soudaine, voire une fin violente par blessure (accident ? attentat ?).

Le thème du 8 avril 2012 présente une configuration dissonante sur cet axe, avec un carré en T Vénus-Mars-Neptune activé par un relais dissonant du Soleil. L’implication du Soleil peut signifier simplement une phase de surmenage ; celle de Vénus pourrait concerner un objet relatif à la vie privée. Les indications des thèmes personnels, à la différence des thèmes d’États ou d’institutions, sont toujours susceptibles d’être interprétés soit par rapport à la sphère publique, soit par rapport à la sphère privée - qui ne concerne pas, en principe, le spécialiste d’astrologie mondiale. Il serait donc téméraire de tirer de cette analyse une quelconque prévision. Mais il peut être intéressant de relever ces configurations, à titre pour ainsi dire expérimental.

Le thème de la Russie (1917) paraît peu affecté par la rétrogradation de Mars, sinon par le fait que ce transit touchera l’axe Jupiter=Soleil/Pluton, signe de croissance et d’une grande capacité de régénération - ce dont le pays a sans doute encore besoin après 72 ans de régime communiste calamiteux suivi d’une décennie ruineuse, de 1990 à 1999, sous le règne de Boris Eltsine. Pour ce qui concerne Vladimir Poutine - dont le retour à la Présidence a été orchestré de longue date - c’est à proximité du Milieu du Ciel que Mars sera stationnaire en avril. ; Mars transitera directement le Milieu du Ciel le 28 novembre 2011, le 22 mars et le 8 mai 2012. Le Milieu du Ciel est au cœur d’un axe Uranus/Neptune et Mars/Jupiter : l’axe Mars/Jupiter est indicateur des résultats, des fruits d’une action ; l’axe Uranus/Neptune, avec Mars et le Milieu du Ciel, oriente le pronostic vers une destruction soudaine, une éventuelle révolte, l’impossibilité de s’imposer, la perte de l’autorité. Au moment où l’entrée de la Russie dans l’OMC vient de s’effectuer, le 10 novembre 2011, après dix-huit ans de négociations, on voit mal comment la désignation unanime de Vladimir Poutine par son parti, Russie Unie, ne déboucherait pas sur son élection. Mais nous savons que l’Histoire est riche en surprises, et l’astrologue ne peut que prendre en compte les configurations célestes du moment.

Le thème (nodal) pour le jour de l’élection, le 4 mars 2012, présente trois axes significatifs autour du Soleil, d’Uranus et du Milieu du Ciel. L’axe Uranus/Neptune est significateur d’arrêt soudain, de paralysie ; avec Soleil et Mars, il y a risque d’accident pouvant entraîner la mort ou la paralysie. Uranus dans l’axe Jupiter/Neptune peut être indicateur d’écroulement, d’effondrement ou de faillite soudaine. Le Milieu du Ciel dans l’axe Soleil/Neptune signale une certaine ambiguïté ou perturbation, tandis dans l’axe Jupiter-Pluton, il y a plutôt une indication de transformation favorable.

Que déduire de ce tableau d’ensemble ? Cela concerne-t-il le jour même de l’élection ou la période post-électorale ? Il n’y a jamais loin du Capitole à la Roche Tarpéienne, et une élection triomphale peut être suivie d’une perte d’autorité ou d’accidents imprévus dans le cours des événements.

L’année 2012 sera riche en péripéties électorales dans de nombreux pays de premier plan. Ce pourrait être l’occasion d’un changement radical du personnel politique en place depuis l’éclatement de la crise en 2008. Ce peut être aussi un renouvellement de confiance - sans doute très mesurée ! - envers des dirigeants connus et par crainte de l’aventure. La question se pose alors de savoir si les dirigeants qui n’ont pas su enrayer le chaos planétaire durant la période 2010-2011 seront en mesure de contenir ses effets ravageurs, sur le plan social et politique, durant la période critique 2013-2014 (au moment de l’implication de Saturne dans le carré Uranus-Pluton).

3Risques de guerre en Syrie et en Iran3

Les grandes crises économiques sont lourdes de menaces de guerre. Certains analystes, tel Laurent Artur du Plessis, auteur de trois ouvrages [8] qui, de 2002 à 2005, n’ont cessé d’annoncer la proximité d’une Troisième guerre mondiale - qui verrait des destructions massives à travers le monde musulman à la suite de frappes nucléaires de la part des États-Unis et de leurs alliés - affirment de façon catégorique que cette perspective est quasiment inéluctable :

L’oligarchie financière qui gouverne l’Occident depuis plusieurs décennies a fait croire que la crise était imprévisible. Faux : des experts l’avaient annoncée, certains depuis plus de dix ans. Ils avaient les bons outils d’analyse. La crise entre dans sa phase la plus aiguë avec la « faillite » en série des États, qui se répercute sur les grandes banques et l’économie réelle. À son paroxysme, elle sera pire que celle de 1929 et provoquera la chute de l’oligarchie financière. À l’échelle planétaire, la guerre et la paix dépendent du climat économique. La crise de 1929 entraîna la montée du nazisme et la Deuxième Guerre mondiale. La crise d’aujourd’hui, en minant le printemps démocratique arabe par une paupérisation qui fera le jeu des extrémismes, mènera à la Troisième Guerre mondiale. Celle-ci opposera l’Occident et ses alliés, le Japon et l’Inde, à l’Islam et à la Chine, en un cocktail de guerres civiles, interethniques et interétatiques, enrichi de terrorisme et d’armes de destruction massive. Les peuples européens devront prendre en main leur défense. Quel camp la Russie choisira-t-elle ? [9]

C’est en ces termes que Laurent Artur du Plessis présente son dernier ouvrage intitulé De la Crise à la guerre [10]. Cet auteur a au moins le mérite de présenter ses thèses avec clarté et concision. L’astrologue ne saurait cependant être aussi catégorique, et l’on ne peut éviter le long travail d’une analyse patiente des actuelles configurations en cours en relation avec les thèmes des acteurs potentiels de graves conflits au Moyen-Orient, engageant en premier lieu la Syrie et l’Iran. Nous nous limiterons ici à la période de la rétrogradation de Mars (de novembre 2011 à juin 2012), nous réservant de revenir plus tard sur la période critique du carré Uranus-Pluton de 2012 à 2015.

L’État d’Israël a traversé cet automne une phase houleuse et périlleuse sur le plan diplomatique, avec la relance de la question palestinienne devant le Conseil de Sécurité de l’ONU et avec la perte de ses deux alliés régionaux, l’Égypte et la Turquie. Dans son discours du Caire, le 4 juin 2009, Barack Obama réaffirmait les droits inaliénables des Palestiniens, et il rappelait que la naissance d’un État était prévue par le Plan de partage voté à l’Assemblée générale des Nations-Unies le 29 novembre 1947, en application de la résolution 181 prévoyant la création de deux États , l’un arabe l’autre juif, avant le 1er octobre 1948 au plus tard. C’est dans la même voie qu’allaient les accords d’Oslo, signés à Washington le 13 septembre 1993. Mais le processus de création d’un État palestinien demeure toujours en souffrance et l’abcès purulent du contentieux israélo-arabe continue de vicier l’ensemble des relations internationales. La rupture des relations diplomatiques avec la Turquie, le 3 septembre, suivie par l’invasion de l’ambassade d’Israël au Caire, dans la soirée du 9 septembre, ouvrent une nouvelle phase très délicate d’isolement diplomatique de l’État hébreu, qui dispose par ailleurs d’une puissance militaire régionale incontestable et constamment renforcée par l’aide des États-Unis et de certains États européens. Ainsi Israël vient de tester, au début novembre, un nouveau missile balistique à longue portée et viennent d’être fournis à Israël par l’Allemagne cinq sous-marins Dolphin dotés des systèmes de navigation et de combat les plus sophistiqués et capables de lancer des missiles de croisière nucléaire à longue portée. Enfin, à peine finis les bombardements sur la Libye, ont été organisées en Sardaigne des manœuvres - baptisées Vega 2011 - auxquelles a participé l’aviation israélienne. Voilà de quoi alimenter les bruits de guerre contre l’Iran.

La rétrogradation de Mars affecte, dans le thème d’Israël, Mercure, au cœur d’une configuration impliquant les axes Soleil/Uranus, Neptune/Pluton et Soleil/Jupiter. Neptune/Pluton évoque la clandestinité et la dissimulation ; avec Mercure, il y a une tendance à cacher ses idées ; avec Mars, il peut s’agir d’une entreprise mise en œuvre sans réflexion et précipitamment, aussi bien que d’activités secrètes destructrices. L’axe Soleil-Uranus correspond à des événements excitants et soudains ; Mercure indique la possibilité d’une action rapide et d’émotions - un jour plein de nouvelles, d’appels, de messages ; Mars apporte une touche de précipitation, de décisions spontanées, d’agitations et de troubles. L’axe Soleil-Jupiter est indicateur de succès ; l’implication de Mars signale une chance dans une attaque offensive. Ce tableau peut fort bien correspondre à une intervention - comparable dans sa forme à la frappe israélienne en Irak, qui aboutit à la destruction du réacteur nucléaire expérimental Osirak, le 7 juin 1981 - mais dont les conséquences, dans le cas iranien, seraient d’une ampleur sans précédent, avec le risque du blocage du détroit d’Ormuz et avec le déclenchement d’attaques terroristes sur le territoire israélien à partir du Liban, voire de la Syrie. Les moments critiques relatifs à ce tableau se situent au début décembre 2011 et entre la mi-mars et la fin mai 2012.

Dans le thème de Benyamin Netanyahou, le transit de Mars affecte Saturne, dans l’axe Neptune/Pluton - évocateur de clandestinité et de dissimulation ; avec Saturne, il y a l’indication d’un développement qui mène lentement à la ruine : le grand rendez-vous, pour Israël, sera au plus tard le renouvellement du cycle Saturne-Pluton en 2020.

Deux configurations sont à prendre en compte dans le thème de l’Iran. Neptune dans l’axe des Nœuds lunaires, qui sera transité par Mars stationnaire en janvier 2012, indique à la fois la cessation de relations, de contacts, et la possibilité de contacts secrets : c’est bien ce qui peut se produire en cas de nouvelles sanctions contre l’Iran décidées dans le cadre de l’ONU. Dans une phase ultérieur, qui s’étend de mars à mai 2012, c’est une zone présentant la Lune dans des axes Vénus/Saturne et Uranus/Neptune qui sera affectée. Avec Uranus/Neptune, on peut s’attendre à une crise, voire à une révolution ; la Lune peut indiquer aussi bien un peuple en délire, en liesse ou dans la confusion que des morts dans la population ; Mars suggère des actes révolutionnaires, une révolte soudaine, mais également une destruction. Un tableau qui pourrait correspondre soit à une attaque visant les centrales nucléaires, soit à une révolte massive contre le régime instauré en 1979 par l’ayatollah Khomeyni avec la bénédiction des États-Unis et des puissances occidentales. L’axe Vénus-Saturne peut faire songer à une entente perturbée, une rupture d’alliance - un lâchage de l’Iran par la Russie ?

En janvier 2012, avec Mars stationnaire à 20° Vierge, seront affectés, dans le thème de Mahmoud Ahmadinejad, les axes Mars/Jupiter, Vénus/Mars et Soleil/Uranus. Cela pourrait indiquer une action menée dans un climat passionnel et dans la précipitation. Dans la phase suivante, de mars à mai, les axes Lune/Mars et Mars/Pluton évoquent une conscience éveillée ainsi que la mise en œuvre de plans et d’activités dans plusieurs domaines en même temps. Un tableau qui n’apporte pas grand-chose quant à la question posée - celle des risques d’une intervention en Iran - mais il se pourrait aussi qu’en cas de crise, la figure du Président soit relativement effacée au profit d’autres dirigeants.

Dans le thème de la Syrie, la rétrogradation de Mars touche le Milieu du Ciel, à 13° Vierge. La zone qui apparaît la plus sensible est, à 6° Balance, le transit d’Uranus-Pluton sur les axes Mars/Pluton et Uranus/Pluton. Mais le tableau devient beaucoup plus chargé si l’on affine l’angle de vision en examinant les foyers de tension non plus seulement en H4 (sur une échelle de 90°), mais en H8 (sur une échelle de 45°, qui laisse apparaître les aspects de semi-carré et de sesqui-carré. A cette échelle, le Soleil, ainsi que les axes Soleil/Lune et Soleil/Saturne se trouvent impliqués dans le lourd massif Mars/Pluton et Uranus/Pluton. On perçoit, avec ces deux axes, la possibilité d’un changement soudain relatif au peuple et au chef de l’État, un saut dans l’inconnu, des plans modifiés de façon impromptue, dans le cours de l’action. Avec les axes Soleil/Lune et Soleil/Saturne, des agitations, des troubles pouvant causer la mort ou la disparition de celui qui symbolise l’autorité. Les moments de plus forte tension sur cette zone se présentent de la manière suivante : durant toute l’année 2011, Pluton vient en quelque sorte saper les fondements du régime ; à partir d’avril 2012, et jusqu’en janvier 2013, le transit d’Uranus est susceptible d’apporter un facteur explosif, que des transits solaires ou martiens peuvent activer à plusieurs moments durant cette période.

Quant au thème de Bachar El-Assad, né au moment de la conjonction Uranus-Pluton en Vierge, conjointe à son Soleil de natif du 11 septembre, et avec un Saturne en M. X, en Poissons, les risques d’une chute sont particulièrement forts durant la rétrogradation de Mars, notamment en décembre 2011, en février et en juin 2012.

En conclusion de cette analyse, si l’on réunit les éléments concernant les États-Unis, Israël, l’Iran et la Syrie, on doit songer sérieusement à un risque réel d’intervention militaire contre ces deux derniers pays, avec les conséquences désastreuses que cela pourrait avoir dans le monde entier, une telle intervention risquant d’accentuer de façon irrémédiable, par les inéluctables chocs en retour, le chaos planétaire durant tout le temps du carré Uranus-Pluton de 2012-2015 et, certainement, bien au-delà.

Cela fait de nombreuses années que nous nous interrogeons à ce propos, et jusqu’ici nous avons toujours hésité à engager un pronostic tranché. A trois moments, en particulier, nous avons travaillé de près sur la question iranienne : en 2006, avec une étude qui couvrait l’ensemble de l’histoire de l’Iran depuis le début du XXe siècle ; en 2007, dans une étude prévisionnelle sur les astralités de 2008 ; et au début de 2009, dans un article intitulé « La crise iranienne », dans lequel nous écrivions, en introduction :

Notre étude de 2006 consistait d’abord à balayer toute l’histoire de l’Iran moderne, depuis la création d’un Parlement en 1906, et nous reprenons ici, d’une façon un peu plus ramassée, les éléments de cette étude. En ce qui concerne la perspective prévisionnelle, nous n’avons pas été en mesure d’en présenter une sur cette question, et nous avons préféré nous abstenir, en l’absence d’éléments astrologiques suffisamment indicateurs d’une perspective d’apaisement ou d’une issue belliqueuse. A la fin de 2007 encore, dans un article sur les « Astralités de 2008 »1, nous en restions au même point, et d’aucuns nous ont assez vivement reproché notre prudence : nous préférons courir le risque d’être taxé de pusillanimité plutôt que de témérité… Au moment où nous reprenons cette étude (en février 2009), les perspectives politiques demeurent ouvertes – l’administration Obama se gardant bien d’écarter l’éventualité d’un bombardement de l’Iran – et le tableau astrologique ne nous permet toujours pas de trancher : c’est peut-être frustrant, mais c’est ainsi. Autant il est bon que l’astrologue, si son analyse le conduit clairement à une conclusion, n’hésite pas à risquer une prévision, même si elle va à contre-courant des opinions dominantes, autant il serait aventureux et sans utilité pour personne que d’avancer une prédiction infondée : ce serait là pure vanité [11].

Dans sa conclusion, notre article rédigé en février 2009, avançait la perspective de deux phases critiques, en 2009-2011 puis 2013-2015, fondées sur l’analyse des rapports entre les thèmes des États-Unis, d’Israël et de l’Iran. Cette analyse était fondée essentiellement sur l’évolution de l’opposition Saturne-Uranus puis du carré Uranus-Pluton :

Durant le premier semestre 2009, ce qui caractérise la situation internationale, c’est la fluidité du jeu diplomatique : les cartes sont renouvelées par l’accession de nouveaux responsables aux États-Unis, en Iran en Israël et en Palestine, tandis que les possibilités d’action sont soumises aux contraintes de la crise économique. Mais il demeure que les enjeux stratégiques concernant l’Iran - relais entre les deux zones de tension que sont, d’une part l’Irak et l’ensemble constitué par Israël, la Syrie et le Liban, et d’autre part l’Afghanistan, le Pakistan et l’Inde – sont essentiels à la survie de l’État d’Israël et à la volonté hégémonique américaine face au double défi de l’Islam et de la Chine. C’est durant les deux phases critiques de 2009-2011, puis 2013-2015 que les rapports de force internationaux seront sans doute bouleversés. La conjonction JU-NE du printemps 2009 offre une ultime ouverture pacifique avant les grands orages, mais il nous paraît assez peu vraisemblable qu’elle débouche sur autre chose qu’une embellie passagère [12].

Nous n’avions pas pris conscience à l’époque de l’importance de la rétrogradation de Mars durant l’hiver et le printemps 2012. Nous pouvons dire aujourd’hui que la menace de guerre, depuis si longtemps agitée, est d’autant plus réelle que la tentation est certainement forte, pour la puissance américaine menacée de faillite et pour Israël désormais privé de la sécurité relative amenée par alliances avec l’Égypte et la Turquie, de chercher dans une aventure extérieure une solution - très hypothétique - à des problèmes vitaux. Mais se pose alors une autre question : s’il y a désir, ou même volonté, de tenter une folle aventure, y a-t-il encore le pouvoir et les moyens de l’entreprendre ? Rappelons-nous que, au début des années 1980, au moment de la triple conjonction Jupiter-Saturne-Pluton, l’URSS en perte de vitesse avait élaboré des plans d’invasion de l’Europe occidentale : la mort d’Andropov, puis l’accession au pouvoir de Gorbatchev - mais surtout le désastre de Tchernobyl et l’échec en Afghanistan - rendirent ces plans caducs.

[/Charles Ridoux/]

[/Amfroipret, le 12 novembre 2011/]

2Données astrologiques2

Conjonction Jupiter-Uranus - 4 janvier 2011 - 11h53 TU

Grèce - Indépendance - 13 janvier 1822 - 0h - Athènes

Grèce - Démocratie - 24 juillet 1974 - 4h - Athènes

Euro - 1er janvier 1999 - 0h - Bruxelles

G 20 - Plan anticrise - 27 octobre 2011 - 4h - Cannes

Dollar - 6 juillet 1785 - 12h - Philadelphie

Libye - Indépendance - 24 décembre 1951 - 0h - Tripoli

Libye - République - 3 septembre 1969 - 6h30 - Tripoli

Opération Sirène - 20 août 2011 - 2àh - Tripoli

Mort de Mouammar Kadhafi - 20 octobre 2011 - 13h30 TU - Syrte

États-Unis - 4 juillet 1776 - 14h21 - Philadelphie

Barack Obama - 4 août 1961 - 19h24 - Honolulu

Chine - 1er octobre 1949 - 15h01 - Pékin

Hu Jintao - 21 décembre 1942 - s.h. - Jixi

Russie - 8 novembre 1917 - 2h10 - Saint-Pétersbourg

Vladimir Poutine - 7 octobre 1952 - 9h30 - Saint-Pétersbourg

Russie - Élection présidentielle - 4 mars 2012

Israël - 14 mai 1948 - 16h - Tel Aviv

Benyamin Netanyahou - 21 octobre 1949 - s.h. - Tel Aviv

Iran - 1er avril 1979 - 15h - Téhéran

Mahmoud Ahmadinejad - 28 octobre 1956 - 12h - Garmsar

Syrie - 13 novembre 1970 - 7h06 - Damas

Bachar El-Assad - 11 septembre 1965 - 12h - Damas

Portfolio


[2Ridoux Charles, « Signes avant-coureurs du chaos », site : http://ridoux.fr/spip/spip.php?article139 .

[3Ridoux Charles, « Chronique du chaos planétaire », site : http://ridoux.fr/spip/spip.php?article146 .

[4Ibidem.

[6Ridoux Charles, « Regards sur 2011 - I », site : http://ridoux.fr/spip/spip.php?article150 .

[7Un convoi de voitures a tenté de quitter Syrte assiégée ; ce convoi a été bloqué et partiellement détruit par un bombardement de l’OTAN ; des survivants se sont mis à l’abris dans des canalisations. Kadhafi, blessé, aurait été fait prisonnier par la brigade Tigre de la tribu des Misrata qui l’aurait ensuite lynché. Le corps du « Guide » a été acheminé comme trophée dans la ville de Misrata et exposé plusieurs jours à la foule. Les images, transmises dans le monde entier du massacre d’un homme provoquent une sorte de répulsion, témoignant de la haine hideuse d’une populace ivre de vengeance qui achève un homme blessé et devenu sans défense.

[8Artur du Plessis Laurent, La Troisième guerre mondiale a commencé (2002), Islam-Occident, la guerre totale (2004), L’Iran dans la Troisième guerre mondiale (2005, tous trois publiés aux éditions Jean-Cyrille Godefroy.

[10Artur du Plessis Laurent, De la crise à la guerre, éd. Jean-Cyrille Godefroy, 2011.

[11Ridoux Charles, « La crise iranienne », site : http://ridoux.fr/spip/spip.php?article59 .

[12Ibidem.